CALENDRIER CODEP 57

LE GUI

 

NOM SCIENTIFIQUE

Viscum album

FAMILLES

Loranthacées

TAILLE DE LA PLANTE

Touffe de 20 cm à 1 m de diamètre

TAILLE DE LA FLEUR

1 à 2 cm de diamètre

RÉPARTITION

Partout en France, mais curieusement   absent du Finistère.

FRUITS

Décembre à février

  

Curieux végétal que cet arbrisseau ligneux, aux feuilles coriaces et persistantes, qui se développe en touffes vert mat ou jaunâtres sur certaines espèces d’arbres. Dépourvu de racines, se nourrissant de la sève de son père nourricier, le gui est en effet un semi-parasite qui puise par un ou plusieurs suçoirs l’eau et les sels minéraux nécessaires à sa survie.

Epiphyte, il assure néanmoins sa propre assimilation chlorophyllienne. Ses hôtes privilégiés sont le pommier et le peuplier, et à un degré moindre le pin et le sapin. Les dégâts causés par le gui aux pommiers au XIXème siècle furent à l’origine de décrets rendant son arrachage obligatoire.

La plante est dioïque, ce qui signifie que les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents. En décembre, la plante présente des petites boules blanches translucides, disposées par 3 à 5 à l’intersection des rameaux et emplies d’une pulpe gélatineuse gluante : ce sont les fruits, que l’on ne retrouve bien évidemment que sur les pieds femelles.

Etrangeté de la nature, le gui peut tout aussi bien croitre de bas en haut que de haut en bas. Cela vient de ce que la graine que contient le fruit peut se coller dans n’importe quelle position sur la branche mère. Les oiseaux, et plus particulièrement les fauvettes à tête noire et les grives qui font en hiver une forte consommation de ses baies, sont les principaux agents de la dissémination de l’espèce.

Encore faut –il que la graine ait la chance (mais dame nature fait si bien les choses) de tomber sur la branche d’un arbre, et pas n’importe lequel. Curieusement par exemple, le gui n’a jamais été observé sur le hêtre.

Sa croissance est très régulière, puisque chaque rameau développe chaque année deux nouvelles feuilles. Rien de plus facile dès lors que de déterminer l’âge d’un sujet en comptant le nombre de ramification à partir de la base.

Très rare , le gui du chêne était chez les peuples celtiques l’objet d’une vénération religieuse entretenues par les légendes des druides à la serpe d’or et vêtus de blanc.

La fameuse potion magique du druide Panoramix- du gui et du homard ; le homard n’est pas nécessaire, mais ça donne du gout à la mixture !- a grandement popularisé ces rites antiques. Après l’extinction de ce culte, le symbolisme est resté très fort et le cri de « au gui l’an neuf ! » a été utilisé jusqu’au  XVIIème siècle.

En Angleterre d’ailleurs, le gui de noël et du jour de l’an reste une tradition bien ancrée et de grandes quantités de touffes en fruit sont exportées de France vers la blanche Albion pour l’occasion.

Le nom latin, de viscus, glu, constitue une allusion directe à la glu que l’on peut extraire de ses fruits. Le qualificatif d’albium, blanc, est justifié par l’apparence de ses baies.

Texte et photos de Gérard Hamon